THE ROYAL HOUSE OF BOURBON

 

DOC 41. EXTRACTS FROM LETTER OF LORD PALMERSTON TO THE MARQUESS OF NORMANBY, BRITISH AMBASSADOR IN PARIS, DELIVERED TO THE FRENCH FOREIGN OFFICE

Foreign Office, 22nd September 1846.

Mylord,

I have had several communications with the Count de Jarnac and a conversation of some length with Monsieur Dumon on the subject of the intended marriages which have been announced for the Queen or Spain and for her sister the Infanta; and in those communications and conversations I have explained fully and without disguise the sentiments entertained by the British Government upon the Queen's marriage, and the strong objections felt by them to the proposed marriage of the Infanta; and I have now to instruct your Excellency to bring those opinions and objections in a more formal manner under the consideration of the Government of France.

……..It is the projected marriage of the Duke of Montpensier to the Infanta which renders the present communication necessary, and it is against that marriage that the British Government must formally remonstrate and protest.

Such a marriage would give just cause or political jealousy to other Powers, and unless accompanied by public acts in France and in Spain; of which as yet no mention has been made, might, give rise to questions calculated to disturb the peace of Europe.

The British Government hopes that the Queen of Spain may live many years to enjoy a long and prosperous reign, and wishes that her approaching marriage may be blessed with an ample succession to the Spanish, Crown; but the uncertainty of human affairs renders it necessary to contemplate the possibility that the Crown of Spain might devolve upon the Infanta.

If this should happen, the Infanta being married to the Duke of Montpensier, that Prince would be placed in that very position of consort to the Queen of Spain which the King of the French, three or four years ago, himself, as 1 have before stated, practically acknowledged that no son of his ought to occupy, and thus, in consequence of such a marriage, that event, which the King of the French declined to arrive at by direct means, might by indirect means be brought to pass; and it appears to Her Majesty's Government that good faith requires that what has been relinquished in one way, should not be sought after in another

But if the line of Queen Isabella were to fail, and if there should at the same time exist issue of the marriage of the Infanta with the Duke of Montpensier, a serious question might arise. Respecting the succession, to the Spanish Crown. For it is perfectly clear that, by virtue of the renounciation, made at the peace of Utrecht by the Duke of Orleans of that day, all his Descendants male and female from that time, and for ever, are excluded, disabled and incapacitated from succeeding to the throne of Spain in what manner soever the succession might fall to their Line and therefore the children and descendants of the Duke of Montpensier would, in consequence thereof, be excluded from succeeding to the Spanish Crown. But however plain the Words, and however positive the effect of that renunciation must be acknowledged to be, the children or descendants of this marriage might endeavour to set up a claim in virtue of the rights which they to have inherited from the Infanta, and thus, unless all pretence for doubt, on this point were at once removed by some valid act of the Infanta for herself and her descendants, the stipulations of the Treaty of Utrecht might be set aside by an evasion, and the peace or Europe might be disturbed by another War on account of the succession to the Throne of Spain.

But these considerations might also give rise to a question of more immediate practical application; because there seems good ground for the assertion which has been made in Spain; that in consequence of the exclusion of the Line of Orleans by the transactions of Utrecht, the marriage of the Infanta to the Duke of Montpensier would be contrary to the law and constitution of Spain.

Her Majesty's Government can scarcely believe that a Government so anxious as that of France has professed itself to be, to respect the tranquillity of neighbouring States, and to preserve the peace of Europe, can insist upon the completion of a marriage which threatens immediate danger to the one, and, is calculated to place in serious jeopardy the other.

But even if the objections to this marriage which are founded upon the Treaty of Utrecht and the law of Spain, were as weak and untenable as the British Government considers them strong and conclusive, the British Government would still protest against this marriage as inconsistent with a due regard to the balance of power in Europe, and as necessarily tending to affect injuriously the nature and character of the relations between England and France.

It is impossible for the British Government to look upon this marriage as a mere domestic arrangement between two Royal Families. It is a political transaction between two great European Powers; and it would tend to link the policy of the one to that of the other, in regard to the foreign relations of both, in a manner which would be dangerous to other States.

………………… PALMERSTON

[Published in Documents Communiqués aux Chambres dans la Session de 1846-1847, Par le Ministre des Affaires Étrangères, extracted from French Ministry of Foreign Affairs Archives, Diplomatic Correspondence, Espagne, Vol 828, pp. 88 r - 95 r].

RETURN TO ESSAY ON FRENCH SUCCESSION

DOC 42. DESPATCH OF M. GUIZOT TO THE COUNT DE JARNAC, FRENCH AMBASSADOR IN LONDON of 5 OCT 1846

Paris, le 5 Octobre 1846

Monsieur le Comte, l'Ambassadeur d'Angleterre est venu, il y a quelques jours (25 septembre), me communiquer une dépêche, en date du 22 septembre, qui lui a été adressée par Lord Palmerston, au sujet des mariages de la Reine d'Espagne avec l'Infant Don François d'Assise et de l'Infante Dona Luisa Fernanda avec M. le Duc de Montpensier. Vous en trouverez ci-joint une copie. J'en ai rendu compte au Roi dans son Conseil, et je vous adresse la réponse du Gouvernement du Roi à cette communication, en vous chargeant de la mettre sous les yeux du principal Secrétaire d'État de S. M. B. Lord Palmerston dit en terminant sa dépêche ce que le Gouvernement de S. M. B. a voulu donner, à l'expression complète et authentique de ses sentiments sur cette question, la forme la plus amicale. Vous direz, à Lord Palmerston que le Gouvernement du Roi aussi est toujours animé, envers l'Angleterre et son Gouvernement, des sentiments de la plus sincère amitié même lorsqu'il maintient lés droits et les intérêts de la France contre des plaintes et des représentations qui ne lui paraissent point fondées.

Je tiens à écarter, d'abord, un reproche que Lord Palmerston adresse, en commençant, au Gouvernement du Roi, et qui m'a causé, je l'avoue, quelque surprise. Il rappelle que nous avons, il n'y a pas longtemps encore, proposé au Gouvernement Anglais de nous entendre et d'agir de concert pour les conseils à donner à la Cour de Madrid, sur le mariage de la Reine Isabelle. Cette proposition ne s'accordait guère, dit-il, avec les démarches que nous faisions isolement en Espagne; car, selon lui, nous aurions, à la même époque, ordonné à M. le Comte Bresson de faire tous ses efforts pour amener le mariage de la Reine avec un candidat particulier, à Londres de délibérer sur une l'Infant Don François d'Assise, offrant ainsi, à Londres, de délibérer sur une question déjà résolue par nos instructions à Madrid.

Les faits rappelés avec précision mettront en évidence l'erreur grave de ce reproche.

J'ai, en effet, au mois de juillet dernier, proposé an Cabinet de Londres de nous entendre et d'agir de concert, à Madrid, pour appuyer à spécialement comme candidats à la main de la Reine Isabelle, les deux Infants, fils de don François de Paule. Comme descendants de Philippe V, ces deux Princes avaient notre adhésion. Comme Princes Espagnols, ils avaient celle de l'Angleterre. Les dispositions de la Cour de Madrid semblaient leur devenir plus favorables. Je proposai donc au Gouvernement Anglais de les soutenir en commun avec nous, et je déclarai, en même temps que, pour notre compte, nous n'avions, ni à l'un, ni à l'autre, de ces Princes, aucune objection, et que celui des deux qui conviendrait à l'Espagne et à sa Reine nous conviendrait également.

Ce que j'ai dit à Londres, je l'ai dit pareillement à Madrid. M. le comte Bresson a toujours eu pour instruction d'appuyer les deux Infants, et de dire d'avance que nous adhérions pleinement au choix que ferait entre eux la Reine. L'Ambassadeur du Roi a fidèlement rempli ses instructions.

Qu'arriva-t-il lorsque, plus d'un mois après ma proposition d'action. commune en faveur des fils de Don François de Paule, Lord Palmerston me fit enfin parvenir sa réponse? Il n'adhérait point à notre ouverture, telle qu'elle avait été faite. Il nous demandait de nous joindre à lui pour appuyer exclusivement, à Madrid, l'Infant Don Enrique, seul propre (the only fit), disait, la dépêche dit 22 août que Lord Normanby me communiqua le 28, à devenir le mari de la Reine. Je témoignai à Lord Normanby et je vous chargeai de témoigner à Lord Palmerston mon étonnement de cette désignation exclusive et l'impossibilité ou nous étions de nous y associer, car nous avions toujours dit et nous persistions à dire que les deux Infants nous convenaient, que c'était à la Reine d'Espagne à prononcer entre eux, et que nous étions prêts à trouver bon son choix, quel qu'il fût.

Que notre adhésion aux deux Infants ait été spécialement profitable à l'aîné d'entre eux, à D. François d'Assise qui se trouvait en Espagne, dans une position correcte et loyale, et tenant, envers la Reine y son Gouvernement, et la Reine mère, une conduite parfaitement respectueuse, personne ne saurait s'en étonner. L'Infant Don Enrique n'avait pas pris une si convenable voie pour arriver à son but. Le Roi lui-même, lorsque ce Prince passa à Paris, l'en avait paternellement averti, Iui rappelant où étaient sa place, son devoir, ses chance de succès, et lui offrant de s'employer, à Madrid, pour les lui faire recouvrer, L'Infant n'a pas suivi les conseils du Roi. Aucune influence n'a suffi pour surmonter les inconvénients de la situation dans laquelle ce jeune Prince s'était placé, Mais, en vérité, il n'y a dans ce cour de choses, rien qu'il ne fût aisé de prévoir. Il n'était nul besoin d'instructions particulières à M. le Comte Bresson pour que la candidature de Don François d'Assise prévalût à Madrid sur celle de Don Enrique. Et quant au reproche d'avoir exclusivement appuyé l'un des Infants et d'avoir voulu en imposer un seul au choix de la Reine Isabelle, à qui peut-il légitimement être adressé? N'avons-nous pas, pour notre compte, observé, dans cette circonstance, le respect dû à la Reine, à la liberté de son choix et aux convenances qui y devaient présider?

L'Infant Don Enrique a eu le malheur de tomber sous l'influence de la faction la plus passionnée et la plus aveugle du parti progressiste Espagnol. Elle a voulu faire servir le nom, la situation, les chances matrimoniales de ce Prince à son propre rétablissement dans le pouvoir. Elle a conçu et préparé, pour atteindre ce but, des menées de toute sorte qui devaient rallumer, en Espagne, l'insurrection et la guerre civile. Les organes du parti, ont clairement manifesté ses desseins. Quoi de plus naturel que de tels faits aient influé sur la résolution qu'a prise le Gouvernement Espagnol de vider sans retard cette question du mariage de la Reine, sur laquelle tous les partis fond-aient leurs spéculations et leurs espérances?

D'autres motifs, non moins légitimes, ont contribué aussi à ce résultat.

Dès l'origine de cette question, le Roi, comme Lord Palmerston le rappelle dans sa dépêche, a spontanément fait connaître qu'il ne prétendait, pour aucun de ses fils, à la main de la Reine d'Espagne. Il a, en même temps, exprimé sa ferme espérance que la Couronne d'Espagne ne sortirait as de la Maison de Bourbon, et que la Reine choisirait son époux parmi les descendants de Philippe V.

Le Gouvernement du Roi a déclaré hautement, et en toute occasion, que telle était sa politique. Il a voulu que les principes qui, au besoin, régleraient ses actes, fussent bien connus, d'avance de l'Europe entières et spécialement de l'Espagne et de l'Angleterre, ses alliées.

Rien, dans ce langage, ne portait, à l'indépendance de l'Espagne, de sa Reine et de son Gouvernement la moindre atteinte. Nous respectons profondément cette indépendance. En instruisant, lès le premier moment, la Cour de Madrid de toute notre pensée, nous lui donnions, au contraire, une marque du haut prix que, nous attachions à la sienne, ainsi que de notre loyale et prévoyante amitié.

Le Cabinet de Londres, à cette époque, se montra frappé des motifs qui présidaient à notre conduite, et nous donna lieu de compter qu'il adresserait à-là Cour de Madrid des conseils dirigés dans le même sens.

Tant que les combinaisons, présentées pour le mariage de la Reine Isabella, n'ont point mis en péril notre politique bien connue, nous ne nous sommes occupés que de seconder celles de ces combinaisons qui paraissaient avoir des chances de succès.

Dès que nous avons vu sérieusement apparaître des combinaisons qui, nous ont fait craindre que l'époux der la Reine ne fût pas pris parmi les descendants de PhiIi1ppe V, et que le trône d'Espagne ne sortît de la maison de Bourbon, nous avons fait savoir, le 27 février dernier, à Londres et à Madrid, que, si ces combinaisons prenaient de la consistance, nous nous considérerions comme affranchis de tout engagement et libres de demander la main, soit, de la Reine, soit de l'Infante, pour M. le Duc de Montpensier.

Nous avons voulu, à cette époque comme dans l'origine de la question, dire ouvertement et d'avance comment nous agirions.

Au mois de mai dernier, nous fûmes informés, avec certitude que le Gouvernement Espagnol venait d'adresser au Duc régnant de Saxe-Cobourg, alors, en visite à la Cour de Lisbonne, un message à l'effet de négocier le mariage du Prince Léopold de Saxe-Cobourg avec la Reine Isabelle.

Nous apprîmes en même temps, et avec la même certitude, que ce message avait été préalablement communiqué au Ministre d'Angleterre à Madrid, M. Bulwer et avait reçu son approbation.

Le Gouvernement du Roi témoigna immédiatement, à Londres et à Madrid, sa surprise et son inquiétude. Il reçut de Lord Aberdeen des assurances qui prouvaient toute sa loyauté. Mais, peu de temps après, Lord Aberdeen sortit des affaires; et nos informations ne nous permirent pas de douter que le travail entrepris pour le mariage de la Reine Isabelle avec le Prince Léopold de Cobourg ne se poursuivît activement.

C'est au milieu de cette situation et de la sollicitude qu'elle nous inspirait, que je reçus par vous, M. le Comte, la dépêche adressée la 19 juillet par Lord Palmerston à M. Bulwer, et que vous étiez chargé de me communiquer confidentiellement.

Je ne pense pas, pour répondre à un reproche indiqué par Lord Palmerston, que le caractère confidentiel de cette communication pût ni dût m'empêcher d'en donner connaissance, confidentiellement aussi, à lAmbassadeur du Roi à Madrid à qui cette connaissance était indispensable pour bien comprendre la situation nouvelle dans laquelle cette dépêche nous plaçait, et qui n'en a fait d'ailleurs, comme il le devait, aucun usage publie ni officiel.

"Les candidats à la main de la Reine d'Espagne, disent ces instructions adressées le 19 juillet par Lord Palmerston à M. Bulwer, sont réduits à trois, savoir : le Prince Léopold de Saxe-Cobourg et les deux fils de D. François de Paule. J'omets le Comte de Trapani et le Comte de Montémolin, puisqu'il ne paraît y avoir aucune chance que le choix tombe sur aucun d'eux."

Selon la dépêche du 22 septembre, qui vient de m'être communiquée, Lord Palmerston, en plaçant ainsi le Prince Léopold de Saxe-Cobourg en tête des trois candidats, seuls, restants, selon lui, à la main de la Reine, n'a fait, dit-il, que "désigner ce Prince comme un de ceux dont on avait parlé publiquement comme d'un époux possible pour la Reine d'Espagne, sans que cela impliquât qu'il était mis en avant et recommandé par le Gouvernement Britannique."

Mais, dans la dépêche du 19 juillet, immédiatement après le paragraphe que j'ai cité plus haut, se trouve le paragraphe suivant:

"Entre les trois candidats ci-dessus désignés (le Prince Léopold de Saxe-Cobourg et les deux fils de D. François de Paule), le Gouvernement de S. M. n'a qu'à exprimer son sincère désir que le choix tombe sur celui qui pourra le mieux assurer le bonheur de la Reine et développer la prospérité de la nation Espagnole."

A coup sûr, si l'on petit dire que le premier des paragraphes cités rappelle simplement un fait, la candidature du Prince Léopold de Cobourg, fait qui n'avait point été jusques-là officiellement constaté et proclamé, on ne saurait nier que, par le second paragraphe, cette candidature ne soit acceptée de la même manière et au même de-ré que celle des Infants, fils de D. François de Paule, qu'aucune objection ne soit élevée contre l'une pas plus que contre les autres, et qu'elles ne se trouvent ainsi, pour la première fois, toutes les trois confondues, par le Gouvernement Anglais, dans une même et semblable approbation.

Il serait peut-être perm is de dire que c'était là une recommandation détournée, une manière d'atteindre indirectement le but qu'on ne voulait pas, ouvertement poursuivre. "La bonne foi, dit Lord Palmerston dans sa dépêche du 22 septembre, exige que ce qu'on abandonne d'un côté, on ne cherche pas à le ressaisir par un autre côté." Le Gouvernement du Roi adhère pleinement à ce principe.

En admettant que Lord Palmerston n'ait point entendu mettre, en avant ni recommander le Prince Léopold de Cobourg, il reconnaîtra certainement lui-même qu'il ne disait absolument rien qui pût l'écarter ni en décourager le Gouvernement Espagnol. Or, que serait-il arrivé si la Cour de Madrid, se confiant au langage que d'après la dépêche du 19 juillet, M. Bulwer n'eût certainement pas manqué de tenir, eût persisté dans l'offre qu'elle avait fait faire à ce Prince? On aurait dit que c'était là le libre choix, la volonté propre de la Reine d'Espagne et de son Gouvernement; on aurait pu rappeler, aux termes de la dépêche du 19 juillet, que le Gouvernement Anglais, qui ne recherchait point ce choix, avait cependant annoncé d'avance qu'il n'avait aucune objection à y faire; et, sans appui direct, sans coopération active, par un simple acte de laisser aller, le fait, lu serait trouvé accompli.

Le Gouvernement du Roi n'a pu se méprendre sur cette situation. Pour en prévenir les conséquences, il a pris, à Madrid, le moyen le plus direct et le plus légitime; il a fait appel au libre choix, à la volonté indépendante de la Reine Isabelle et de son Gouvernement. A côte de la combinaison qui se poursuivait évidemment contre sa politique, il a placé, il a offert une combinaison différente. Il le pouvait, car il s'en était ouvertement et positivement réservé le droit.

Il le devait, car l'hypothèse pour laquelle il avait fait cette réserve et qu'al avait prévue dans ses instructions à Madrid 1 comme dans ses déclarations à Londres, devenait de plus en plus probable. La Reine d'Espagne et son Gouvernement accepté cette combinaison. Les Cortès lui ont donné une approbation presque unanime. Le double mariage de la Reine Isabelle avec M. le Duc de Cadix et de l'Infante Dona Luisa Fernanda avec M. le Duc de Montpensier, a été préparé et conclu avec la liberté la plus entière et par les plus pressants motifs.

Aussi, je remplis, M. le Comte, un devoir impérieux en repoussant énergiquement, et plus énergiquement encore dans mon âme que dans mes paroles, cette étrange accusation de coercion morale exercée, dit Lord Palmerston dans sa dépêche, par l'Ambassadeur du Roi à Madrid, et en vertu de ses instructions, pour forcer la Reine d'Espagne à accepter le Duc de Cadix pour époux. Je pourrais me borner à une réponse bien courte, bien simple, et que le monde entier accepterait. Nulle part, dans aucune Cour, dans aucune famille, les droits de la liberté du mariage et de la vie domestique ne sont mieux connus et plus scrupuleusement respectés qu'à la Cour des Tuileries et au sein de notre famille Royale. Les sentiments qui animent et dirigent le Roi à Paris, au milieu de ses enfants, l'animent et le dirigent également dans ses rapports avec la Cour de Madrid et ses royale nièces. Et le Gouvernement du Roi tient à honneur de témoigner partout et en toute occasion, pour les liens de la vie domestique, ce même respect dont il reçoit de si haut l'exemple. Mais, je rappelerai de plus un fait. Comment peut-on nous adresser, à nous, le reproche de coercion morale, lorsqu'on nous demandait, il y a un mois, d'appuyer exclusivement, auprès de la Reine Isabelle et comme seul propre à devenir son époux, un Prince évidemment atteint de sa défaveur et en intimité avec les plus ardents adversaires de son Gouvernement?

C'est en pleine liberté que la Reine Isabelle a. choisi le Duc de Cadix pour son époux. C'est en pleine liberté et après une discussion aussi libre que solennelle que les Cortès ont unanimêment voté leur adhésion au choix de la Reine. Et la tranquillité publique a été aussi complète, pendant cette grande délibération, que la liberté dans l'intérieur du palais des Rois et dans les assemblées du pays. Ni les excitations ni les occasions de troubles ne manquent, à coup sûr, dans cd moment, en Espagne. Toutes les prétentions, toutes les ambitions, toutes les conspirations se sont mises en mouvement pour y susciter de nouveau l'insurrection et la guerre civile. Isolées ou coalisées, elles n'ont pas même, jusqu'à présent, réussi à commencé leurs desseins. Quelle plus éclatante preuve des sentiments de la grande majorité du peuple Espagnol et de sa libre adhésion au choix de la Reine et au vote de ses représentants?

"Le Gouvernement de S. M. B. se félicite, dit Lord Palmerston, dans sa dépêche du 22 septembre, de n'avoir pris aucune part à l'arrangement de ce mariage." Le Gouvernement du Roi ne voit, au contraire, pour l'Espagne, pour ses alliés, pour l'Europe, que des raisons de s'en féliciter. Le Duc de Cadix est en même temps un Prince issu de Philippe V et un Prince Espagnol de naissance et de sentiment. Il s'est constamment montré plein de respect pour le régime constitutionnel et pour les principes de la monarchie. L'Espagne et l'Europe les libertés de la Péninsule et les intérêts de l'ordre Européen trouvent, dans son union avec la Reine Isabelle toutes les garanties qu'une politique prévoyante peut désirer.

Malgré cette désapprobation clairement exprimée du mariage de la Reine belle avec M. le Duc de Cadix, c'est principalement le mariage de M. le Duc de Montpensier avec l'Infante qui, selon la dépêche du 22 septembre, a rendu nécessaire aux yeux du Gouvernement Anglais, la communication qu'il vient de faire et l'a déterminé à dons adresser ses représentations et ses protestations.

Le Gouvernement du Roi se fait toujours un devoir d'accueillir et de discuter dans un esprit de sincère équité les représentations qu'un autre Gouvernement, et, à plus forte raison, un Gouvernement ami croit devoir lui adresser an nom de ses intérêts et de sa politique. Mais des protestations doivent se fonder sur droits. On n'est pas admis à protester contre un fait par ce seul motif qu'il ne vous convient pas. Toute protestation doit se rattacher à un droit antérieur.

Aussi le Gouvernement Anglais invoque-t-il, comme fondement de sa protestation, le traité d'Utrecht et les règles qu'il a instituées pour la succession à la Couronne' d'Espagne, dans l'intérêt de la paix et de l'équilibre Européen.

Le Gouvernement du Roi pense que le traité d'Utrecht n'autorise, en aucune façon, une prétention semblable.

Après la longue et sanglante guerre de la succession et pour rétablir enfin là paix de l'Europe, le double but, hautement reconnu et proclamé de ce traité, fut:

1o D'assurer la Couronne d'Espagne à Philippe V, et à ses descendants;

2o D'empêcher que l'Union des Couronnes de France et d'Espagne sur la même tête fût jamais possible.

Il suffit de se rappeler les négociations qui ont amené le traité d'Utrecht et -den lire le texte même (art. vi), pour demeurer convaincu que tels en sont rééllement la pensée et le sens.

Par le mariage de l'Infante avec M. le Duc de Montpensier, la Couronne d'Espagne est assurée de ne point sortir de la Maison de Bourbon et des descendants de Philippe V; et, en même temps, les empêchements établis contre toute union possible des deux Couronnes de France et d'Espagne demeurent en pleine vigueur. La double intention du traité d'Utrech est donc toujours accomplie.

Il serait étrange qu'on prétendit invoquer, contre nous, celles des dispositions de ce traité qui tendent à empêcher l'union des deux Couronnes, et qu'on écartât celles qui assurent la Couronne d'Espagne à Philippe V et ses descendants.

Tel serait cependant, le résultat de l'interprétation que, dans sa dépêche du 21 septembre, Lord Palmerston voudrait donner de ce traité.

Jamais une telle interprétation n'a été jusqu'à ce jour, je ne dirai pas admise, mais seulement conçue et présentée. Les faits la repoussent aussi hautement que les textes.

Jamais le traité d'Utrecht n'a été considéré ni invoqué comme faisant obstacle aux mariages entre les diverses branches de la Maison des Bourbons de France et les diverses branches de la Maison des Bourbons d'Espagne.

Les exemples de ces mariages abondent. Je n'en citerai, en ce moment, que trois, les plus voisins de l'époque même où le traité d'Utrecht fut conclu.

1o Louis Ier, Roi d'Espagne, fils aîné de Philippe V, a épousé, le 20 janvier 1721, Louise-Élisabeth d'Orléans, Mademoiselle de Montpensier, quatrième fille du Duc d'Orléans, régent;

2o L'Infant Don Philippe, Duc de Parme, fils de Philippe V, a épousé, le 25 août 17 39, Louise-Élisabeth de France, fille aînée de. Louis XV;

3o Le Dauphin, fils de Louis XV, a épousé, le 23 février 1745, Marie-Thérèse-Antoinette, Infante d'Espagne, fille de Philippe V.

Ce dernier exemple est bien remarquable, car c'est l'héritier immédiat de la Couronne de France qui épouse l'une des héritières de la Couronne d'Espagne.

Et l'on ne peut pas dire que la loi proclamée, en 1713, par Philippe V, pour changer, en Espagne, l'ordre de succession au trône, eût privé l'Infante Marie-Thérèse-Antoinette de ses droits éventuels, car cette loi n'est qu'une demi-loi salique qui n'admet, il est vrai, la succession des femmes qu'après l'épuisement des héritiers mâles, mais qui l'admet pleinement dans ce cas.

Les Infantes apportaient donc, dans les mariages que je viens de citer, et dans tous les autres mariages analogues, un droit éventuel, mais positif, à la Couronne d'Espagne.

Personne, en Europe, n'a pensé à en faire, contre ces mariages, une objection, ni à demander que de nouvelles stipulations fassent ajoutées a traité d'Utrecht pour en prévenir les effets.

Il n'y a maintenant, à propos du mariage de l'Infante Dona Luisa-Fernanda avec M. le Duc de Montpensier, absolument aucune raison de penser ni d'agir autrement, et les stipulations du traité d'Utrecht suffiraient, dans l'avenir, aux paix et de l'équilibre Européen, comme elles y ont suffi jusqu'à présent.

On ne saurait donc, en droit, fonder sur ce traité, ni sur son texte, ni sur ses conséquences, ni sur son interprétation d'après les faits, aucune protestation légitime.

A l'appui de sa représentation, Lord Palmerston ne se borné pu à invoquer le traité d'Utrecht. Le mariage de M. le Duc de Montpensier avec l'infante tend, seIon lui, à lier, pour les affaires extérieures, des deux pays, la politique de l'Espagne A celle de la France, d'une manière dangereuse pour l'indépendance de l'Espagne, pour l'équilibre Européen et pour les intérêts des autres États.

L'Espagne a prouvé qu'elle savait maintenir son indépendance et jouer son rôle dans la cause de l'équilibre Européen. Il y a peut-être quelque manque de mémoire, et de justice à lui dire qu'elle ne saurait pas le faire.

Elle le ferait d'autant mieux qu'elle est maintenant en, possession d'un rEgime libre et constitutionnel; régime peu favorable à l'esprit d'agression- et de conquête, mais très-favorable au maintien de l'indépendance des nations et à l'annulation des influences étrangères.

De son côté, le Gouvernement du Roi a prouvé, que rien, n'était plus loin de sa pensée que de vouloir porter atteinte à l'indépendance de l'Espagne, et întervenir dans ses affaires. Les faits qui ont manifesté, à cet égard, notre ferme résolution, sont récents et éclatants, et il y a peut-être encore quelque manque de mémoire et de justice à ne pas nous en tenir compte.

Mais, en même temps, et, nous n'hésitons pas à le déclarer, le Gouvernement du Roi désire et recherche, entre la France et l'Espagne, une vraie et solide amitié. La position géographique des deux États, leurs traditions, leurs moeurs, leur religion, tous leurs intérêts essentiels, moraux et matériels, rendent cette amitié naturelle et nécessaire. Nécessaire, nullement dans une politique d'agression et d'ex tension, soit de l'un des deux États aux dépens de l'autre, soit de tous deux ensemble aux dépens d'autres États, mais dans une politique de sûreté et de paix, au profit de tous les deux et de l'Europe entière.

Placé à côté du mariage de la Reine Isabelle avec M. le Duc de Cadix, le mariage de M. le Duc de Montpensier avec l'Infante est, à la fois, un témoignage de la disposition des deux pays à resserrer les liens de cette amitié et un gage de sa durée. Il n'altérera ni l'indépendance de l'Espagne et de son Gouvernement, ni les grandes et justes conditions de l'équilibre Européen; mais il contribuera à garantir, entre la France et l'Espagne, ces bonnes et intimes relations qui tourneront au bien des deux peuples et au repos de l'Europe. Il nous semble que, partout, une politique élevée et prévoyante doit se féliciter de ce résultat.

Le Gouvernement du Roi ne trouve donc, aux représentations qui lui sont adressées par le Gouvernement de S. M. Britannique, aucun fondement grave et légitime.

Il ne saurait donc les admettre ni les prendre pour règle de sa conduite. Nous regrettons ce dissentiment. Mais appelés nécessairement à nous décider et à agir, nous avons fait, avec le libre concours du Gouvernement Espagnol, ce qui était conforme à nos droits, ànos intérêts légitimes, à la politique naturelle et pacifique de notre pays; nous n'avons rien fait qui porte atteinte aux droits, aux intérêts légitimes, à la paix des autres États. Nous sommes convaincus que la France pense, à ce sujet, comme son Gouvernement. Tout atteste que la grande majorité du peuple Espagnol partage les sentiments du sien. Nous avons la confiance que le bon jugement et l'esprit d'équité du Gouvernement et de la nation Britannique les porteront à reconnaitre que les puissants et généreux motifs qui ont si heureusement établi, entre la France, l'Angleterre et l'Espagne, la bonne intelligence et l'amitié, s'élèvent fort au-dessus de ce dissentiment particulier et ne doivent en recevoir aucune altération.

Je vous invite à remettre une copie de cette dépêche à Lord Palmerston, après lui en avoir donné lecture.

Recevez, Monsieur le Comte, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Siqné : GUIZOT.

[Published in Documents Communiqués aux Chambres dans la Session de 1846-1847, Par le Ministre des Affaires Étrangères, extracted from French Ministry of Foreign Affairs Archives, Diplomatic Correspondence, Espagne, Vol 828, pp. 95v - 100 r].

RETURN TO ESSAY ON FRENCH SUCCESSION

DOC 43. DESPATCH OF M. GUIZOT TO THE COUNT DE JARNAC, FRENCH AMBASSADOR IN LONDON OF 11TH OCTOBER 1846

Paris, le 11 Octobre 1846.

Monsieur le Comte, avant de faire partir la dépêche que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 5 de ce mois, j'en ai donné lecture à M. l'Ambassadeur d'Angleterre. Cette lecture terminée, Lord Normanby s'est borné servations, se référant d'ailleurs, m'a-t-il dit, à la réponse que ferai probablement Lord Palmerston, et à là discussion qui pourrait s'établir, à ce sujet, entre les deux

Gouvernements. Il m'a dit ensuite qu'il avait ordre de me communiquer, et il m'a lu en effet une note sans date que M. Bulwer est chargé de passer au Gouvernement Espagnol. Le Cabinet de Londres y proteste' d'avance contre l'avènement possible des descendants de M. le Duc de Montpensier et de l'Infante au trône d'Espagne, déclarant qu'il ne reconnaît pas les droits en vertu desquels cet avénement serait réclamé, à défaut de postérité de la Reine Isabelle; que, dans ce cas, l'Angleterre se réserve la pleine liberté de prendre aux contestations qui pourraient survenir, la part qui lui conviendrait et qu'elle exprime dès à présent cette réserve, afin qu'on ne puisse lui reprocher un jour d'avoir laissé, ignorer sa pensée. Tel est l'objet et le sens général de la note anglaise dont je ne puis, d'ailleurs, vous retracer avec précision les termes et les détails.

C'est au Gouvernement Espagnol que doit être remise cette note, et c'est à lui qu'il appartient d'y répondre. Mais puisqu'elle nous, a été communiquée, nous avons le droit, et c'est notre devoir, d'en exprimer notre sentiment.

Une pareille protestation, présentée en vertu du traité dUtrecht et des renonciations qui y sont annexées, ou plus, spécialement, en, vertu de la renonciation du Duc d'Orléans (1712) à ses droits éventuels au trône d'Espagne, est, à notre avis, dépourvue de tout fondement. Je vous ai dit, dans ma dépêche du 5 de ce mois, quel était le véritable caractère du traité d'Utrecht, et quel double but s'étaient proposé ses auteurs en rédigeant les clauses relatives à la succession espagnole. On voulait, d'une part, assurer le trône aux descendants de Philippe V, de l'autre, prévenir là réunion sur une même tête, des Couronnes de France et d'Espagne. Cet fût là l'objet des renonciations demandées d'une part de Philippe V, de l'autre aux Ducs de Berry et d'Orléans. C'est là, par conséquent, ce qui détermine le vrai sens et la portée légitime de ces renonciations. Elle contiennent ce qui est nécessaire pour atteindre le but du traité d'Utrecht; mais elles ne sauraient s'étendre et ne s'étendent point, en effet, au delà de ce but.

D'après ce principe incontestable en soi, et qui d'ailleurs se concilie parfaitement avec le texte du document dont il s'agit, la renonciation du Duc d'Orléans, signifié que, dans le cas où le trône d'Espagne viendrait à vaquer par l'extinction de la descendance de Philippe V à laquelle il est assuré par le traité d'Utrecht, les descendants du Duc d'Orléans ne pourraient en aucune manière, réclamer ce trône, car en échange de l'abandon fait par Philippe V, pour lui et ses descendans, de ses droits éventuels à la Couronne de France, le Duc d'Orléans a abandonné ses droits éventuels à la Couronne d'Espagne, voulant conserver les droits, également éventuels, que sa naissance lui donnait aussi sur la Couronne de France, et que, dans un intérêt Européen, on avait jugés incompàtibles avec les premiers.

C'est là le sens réel et raisonnable dé la renonciation.

S'en suit-il que les descendans de Philippe V auxquels la Couronne d'Espagne arriverait naturellement, légitimement, en vertu de leurs propres droits fondés sur les clauses mêmes du traité d'Utrecht, dussent en être exclus, eux ou leur posterité, parce qu'ils se trouveraient, ou parce que leurs ancêtres, se seraient trouvés mariés à des descendants du Duc d'Orléans? En d'autres termes le droit certain, incontestable, des descendants de Philippe V au trône d'Espagne, devrait'il périr parce qu'ils se seraient alliés à une famille qui aurait renoncé aux siens?

Évidemment cette thèse n'est pas soutenable, et pour en mettre l'erreur en mettre l'erreur en lumière, il suffit de l'énoncer avec précision.

Telle est, pourtant, la substance de la note anglaise ramenée à ses termes véritables et essentiels. C'est sur cet argument, et sur cet argument seul, que repose la protestation.

En principe, donc, elle est dénuée de tout fondement. Les faits prouvent que, jusqu'à présent, l'Europe en a toujours pensé ainsi. Dans ma dépêche mois, je vous ai cité trois exemples de mariages conclus entre des descendants`& Philippe V et des Princes issus des autres branches de la Maison de Bourbon qui avaient renoncé au trône d'Espagne. Je pourrais multiplier ces exemples. Jamais on n'avait, je ne dirai pu soutenu, mais pensé que, par suite de ces mariages, et comme si l'incapacité résultant des renonciations était un fait contagieux. qui se communiquât ainsi d'une branche à l'autre, ces descendans de Philippe V eussent perdu leurs droits à là Couronne d'Espagne. On n'est pas plus, fondé à le soutenir aujour d'hui, car la situation créée par le mariage de l'Infante avec M. le Due de Montpensier ne change absolument rien à celle que le traité d'Utrecht a: fondée, et qui a reçu, en. faît comme en droit, l'adhésion de toute l'Europe. Après douze années de guerre, l'Europe, et l'Angleterre la première parmi les puissances Européennes, ont pensé qu'un petit-fils de Louis XIV et ses descendants pouvaient, sans danger pour l'équilibre Européen, siéger sur le trône d'Espagne pendant que les descendants dé Louis XIV siégeraient sur le trône de France. Ce degré de parenté entre les deux Couronnes et les liens qui pouvaient en résulter entre les deux États ont été pleinement, acceptés, au commencement du siècle dernier, par toutes les Puissances; et, les garanties insérées dans le traité. d'Utrecht pour prévenir l'union des Couronnes de France, et d'Espagne sur la même tête, leur ont paru suffire pleinement à leurs intérêts légitimes. C'est là,le droit public de l'Europe, la situation acceptée et, réglée au nom de l'équilibre, Européen., Les, mariages qui viennent de se conclure n'altèrent en rien, je le répète, cette situation., Ils n'ajoutent rien au degré de parenté des Couronnes de France et d'Espagne. Ils n'enlèvent rien aux garanties stipulées par les traités contre l'union de ces deux Couronnes. Ils ne sauraient donc donner lieu légitimement à aucune protestation fondée sur ces

traités et sur le droit publie Européen.

Vous voudrez bien, Monsieur le Comte, donner à Lord Palmerston lecture de cette dépêche.

Recevez, je vous prie, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Signé : GUIZOT.

[Published in Documents Communiqués aux Chambres dans la Session de 1846-1847, Par le Ministre des Affaires Étrangères, extracted from French Ministry of Foreign Affairs Archives, Diplomatic Correspondence, Espagne, Vol 828, pp. 111 v - 112 v].

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